Cette poussée bohème de l’après-guerre des Burroughs, Gysin et Ginsberg, ont véhiculé l’image d’un Tanger où sexe, haschich et douceur de vivre faisaient bon ménage. Paru en 1959, Le Festin nu, de William Burroughs, est une plongée dans l’enfer de la drogue, dans une fantasmatique interzone entre New York et Tanger.
Truman Capote arrive aussi dans la ville en 1949. C’est au côté de Paul et de Jane Bowles qu’il découvre Tanger et la dévoile dans ses Impressions de voyage. Jack Kerouac y passera quelques semaines avant d’embarquer pour Marseille.
L’inspirateur du mouvement de la Beat Generation pose ses valises à Tanger en 1949. Venu pour un été, il y restera jusqu’à sa mort, en 1999. Il écrit à Tanger The Sheltering Sky (Un thé au Sahara). Puis il voyage, enregistre de la musique rifaine, retranscrit des récits oraux. Et révèle au grand public les ouvrages de Mohamed Mrabet et de Mohamed Choukri qu’il traduit en anglais.
Il fuit le franquisme et vit entre Paris, Marrakech et Tanger. Il consacre à cette dernière un livre, Don Julian, qui relate le lent parcours dans la ville d’un personnage anonyme s’identifiant au comte Don Julian, le gouverneur espagnol qui, au VIIIe siècle, a trahi son pays en l’ouvrant aux troupes espagnoles.